Ce que dit le barème, mot pour mot.
Le barème du Kap Numérik ne se raconte pas, il se lit. Parmi les prestations financées, une ligne porte deux mots : « Chat Bot ». Son sous-plafond est de 2 000 €. C’est la totalité de ce que le document officiel en dit.
Pas de définition annexée, pas de liste de canaux, pas de mention de technologie. Le barème ne dit ni « intelligence artificielle », ni « agent conversationnel », ni « assistant virtuel ». Il écrit « Chat Bot », en deux mots, avec deux majuscules, et il fait confiance à votre bon sens. C’est charmant, et légèrement risqué quand on monte un dossier qui engage de l’argent public.
Ce vide de définition n’est pas un détail de rédaction. C’est lui qui décide si votre projet entre dans la ligne ou non, et c’est tout le sujet de cet article.
« Chat Bot » : c’est le libellé exact du barème. Deux mots, un sous-plafond de 2 000 €, et rien d’autre.
Pourquoi c’est la ligne la plus généreuse du dispositif.
Le Kap Numérik fonctionne par sous-plafonds : chaque prestation a le sien, et l’aide totale reste bornée par un plafond global. Trois lignes seulement atteignent 2 000 €, le niveau le plus haut du barème : le site marchand, l’application mobile, et le chatbot.
À titre de comparaison, la création ou la refonte d’un site vitrine plafonne à 1 200 €. Un chatbot pèse donc plus lourd qu’un site vitrine dans un dossier. C’est contre-intuitif, et c’est écrit noir sur blanc.
Les sous-plafonds se cumulent dans la limite du plafond global de 3 200 €. Aucune prestation seule ne l’atteint, puisque la ligne la plus haute vaut 2 000 €. Un site vitrine à 1 200 € et un chatbot à 2 000 € tombent, eux, exactement dessus. C’est de l’arithmétique, pas une promesse.
Une réserve honnête, que nous n’avons vue formulée nulle part ailleurs : le texte officiel écrit « remboursement plafonné à », ce qui se lit comme un plafond de l’aide versée. Une lecture alternative existe, où le sous-plafond porterait sur la dépense. L’écart entre les deux est réel et le barème ne le tranche pas. Il faudra le vérifier auprès de la Région avant de bâtir un budget sur la borne haute.
Où passe la frontière entre l’écrit et le vocal.
« Chat », en anglais, désigne une conversation écrite. C’est le sens du mot dans le libellé, et c’est le point de départ de toute lecture raisonnable de cette ligne.
Un agent conversationnel installé sur votre site, qui répond par écrit aux questions de vos visiteurs, est littéralement un chatbot. Il n’y a pas de débat à avoir : c’est l’objet même que la ligne désigne.
Un agent qui répond sur WhatsApp pose une question de plus, et une seule : celle du canal. La conversation reste écrite, la mécanique est identique, seul le support change. La lecture est défendable. Rien dans le barème ne l’autorise explicitement, rien ne l’exclut non plus, et c’est exactement le genre de point qu’il faut faire confirmer par la Région plutôt que de le supposer.
Un agent vocal, ou un standard téléphonique qui décroche et répond, est un autre sujet. Ce n’est pas un « chat ». Le barème ne mentionne ni la voix, ni la téléphonie, nulle part.
Nous tenons donc la position suivante, et nous préférons la dire avant qu’on nous la demande : la partie conversationnelle écrite est la ligne éligible. Le vocal est un canal supplémentaire du même agent, à cadrer hors aide dans le devis, ou à faire valider au cas par cas par la Région avant tout dépôt.
Écrire « le Kap Numérik finance votre standard téléphonique IA » serait faux. Nous ne l’écrirons pas, même si ça se vend mieux. Un devis mal cadré ne se paie pas au moment de la signature, il se paie au moment de l’instruction.
Ce qu’on ne sait pas : le silence du barème.
Le barème liste des prestations éligibles. Il ne liste pas ce qui est exclu, en dehors des exclusions de secteurs et de bénéficiaires. Ça laisse une zone grise très large.
L’automatisation de flux entre vos outils n’apparaît nulle part au barème. Les agents IA non plus. L’IA générative non plus. Les CRM et les ERP non plus. Aucun de ces termes n’est écrit, ni du côté éligible, ni du côté exclu.
Le silence n’est pas un feu vert. Rien ne permet aujourd’hui d’affirmer qu’une automatisation serait financée par le Kap Numérik, et nous ne l’écrirons pas. La seule porte d’entrée documentée vers l’intelligence artificielle, dans ce dispositif, reste la ligne « Chat Bot » à 2 000 €.
Ce qui ne veut pas dire qu’un projet plus large n’a aucun financement possible à La Réunion. D’autres dispositifs régionaux et européens visent explicitement le développement logiciel, le conseil externe et la cybersécurité. Ils ont leurs propres critères, leurs propres planchers de dépense, et leur propre statut d’ouverture, à vérifier un par un.
Une précision qui change tout : le guichet est fermé.
Tout ce qui précède décrit un barème publié. Il faut y ajouter une phrase, et nous l’écrivons partout de la même façon : le Kap Numérik est fermé aux nouveaux dépôts depuis le 31 décembre 2025 ; la Région annonce une nouvelle version, sans calendrier communiqué à ce jour.
Concrètement, il n’existe aujourd’hui aucun formulaire où déposer un dossier chatbot. Un devis signé maintenant ne se rattache à rien, et surtout pas rétroactivement à un dossier futur.
Ce que ça ne veut pas dire : que la ligne « Chat Bot » disparaît. Le barème que nous venons de lire est celui de la version fermée le 31 décembre 2025. Le contenu de la version suivante n’est pas publié : rien ne permet aujourd’hui d’affirmer qu’une ligne chatbot y figurera, ni à quel montant.
Deux points de la version fermée valent d’être connus dès maintenant. Le devis devait être antérieur au dépôt du dossier, et la première facture postérieure au devis. Et l’aide était un remboursement, pas une avance : l’entreprise règle la facture en entier, puis se fait rembourser. Pour une TPE, c’est une question de trésorerie autant que de subvention.
Dernier détail, spécifique à un livrable numérique : le prestataire devait apposer les logos de la Région et de l’Europe, avec la mention FEDER-FSE+ obligatoire, sur ce qui est financé. Pour un chatbot posé sur un site, ça se prépare au moment de la maquette, pas la veille du dépôt des justificatifs.
FAQ : chatbot et Kap Numérik.
- Le Kap Numérik finance-t-il un chatbot ?
- Le barème du dispositif porte une ligne « Chat Bot » avec un sous-plafond de 2 000 €. C’est un fait officiel. Il faut y ajouter le statut du guichet : fermé aux nouveaux dépôts depuis le 31 décembre 2025, avec une nouvelle version annoncée et aucun calendrier communiqué à ce jour.
- Un chatbot qui s’appuie sur un modèle d’intelligence artificielle entre-t-il dans cette ligne ?
- Le barème écrit « Chat Bot » et ne dit rien de la technologie employée. Rien n’y distingue un agent scripté d’un agent qui s’appuie sur un modèle de langage, et rien n’y confirme non plus que la distinction est sans effet. C’est une question à poser au service instructeur de la Région.
- Un agent vocal ou un standard téléphonique est-il éligible au titre du chatbot ?
- Notre réponse est non, ou difficilement. « Chat » désigne une conversation écrite, et le barème ne mentionne ni la voix, ni la téléphonie. Dans un devis, la partie écrite est la ligne défendable ; le canal vocal se cadre hors aide, ou se fait valider au cas par cas par la Région avant le dépôt.
- Et un agent WhatsApp ?
- La conversation reste écrite, ce qui rend la lecture défendable, et le barème ne cite aucun canal en particulier. Rien ne permet de l’affirmer à votre place : il faudra le faire confirmer par la Région, devis en main.
- Peut-on cumuler un chatbot avec la création d’un site ?
- Les sous-plafonds du Kap Numérik sont cumulables dans la limite du plafond global de 3 200 €. Le détail des neuf lignes du barème et des critères d’éligibilité est sur notre page dédiée, et le calcul complet d’un dossier qui vise ce plafond fait l’objet d’un article à part.
- L’automatisation de mes devis ou de ma facturation est-elle éligible ?
- Le barème ne la cite pas, ni comme prestation éligible, ni comme dépense exclue. Ce silence ne vaut pas accord. Nous n’écrivons pas qu’une automatisation est financée par le Kap Numérik.
psst,Nadia n’est pas humaine. C’est un de nos agents IA, comme ceux qu’on fait tourner chez nos clients tous les jours.Écrit parNadiaCopywriter AI AgentRédige les preuves.
psst,Marcus n’est pas humain. C’est un de nos agents IA, comme ceux qu’on fait tourner chez nos clients tous les jours.Relu parMarcusEditor AI AgentCoupe ce qui ne tient pas.
